Le lundi, je n'étais censée avoir qu'une lecture et un seminar (tous deux pour le cours de Fantastic : l'un à 9h et l'autre à 4h, super l'emploi du temps !), mais après la lecture, j'ai décidé de changer ce module par un autre ; en effet, 1) le prof était difficile à comprendre, 2) Nous devions étudier le fantastique dans les films et la littérature française, et au programme il n'y avait que des oeuvres anglaises à part Le Horla, 3) Il y avait beaucoup de travailler à fournir dans ce cours, 4) Il ne m'intéressait pas trop. 5) L'emploi du temps était nul.
Je l'ai donc remplacé par "Love and Longing in the 17th-18th centuries", dans lequel il faut lire beaucoup de livres que j'ai lu en prépa, comme Le Cid, Phèdre, Andromaque, Manon Lescaut : bref pour une fois dans mes cours j'aurais un coup d'avance.
Ce changement d'emploi du temps m'alourdit le mardi et le vendredi, mais fait que je n'aurai plus cours le lundi !!!
Je suis ensuite allée à Waterstone, the librairie (mon repère : vous l'avez donc compris, c'est le lieu que je dois absolument éviter), qui est répartie en deux boutiques : la librairie pour tout le monde, et celle réservée aux élèves de l'Université (quelques boutiques plus loin), où le magasin possède les listes des cours et où ils peuvent nous donner les éditions demandées par les profs (moyennant des prix exhorbitants ! Non, ce n'est pas vrai, mais disons qu'en ayant acheté des livres en français, j'ai payé plus cher que ce que ça m'aurait coûté en France, je pense).
Aujourd'hui je suis donc allée pour la première fois à ce cours, où nous avons parlé du Cid, et c'était très intéressant. Dans l'après-midi a suivi mon premier cours de "Sex, Gender and Identity in the Midle Ages and the Renaissance", qui était intéressant, mais où le prof allait assez vite. Nous étudions Gargantua.
Mais j'ai l'impression que dans mes messages je ne parle pas assez de la ville de Durham et de ses habitants(peut-être déjà évoqués de ci de là) : il est vrai que mes cours m'occupent beaucoup l'esprit et le temps.
Durham est une ville de taille moyenne de 40 000 habitants en gros. On peut observer dans les rues que la poulation semble se répartir en deux classes d'âge : les étudiants et les personnes âgées.
Située sur une colline, Durham est truffée de montées et de descentes absolument inévitables : pour aller à mon université, il me faut descendre une pente assez raide (Crossgate), monter jusqu'à la Market place, et descendre Elvet Bridge, le tout en quelques centaines de mètres. Et comme lorsqu'on descend, il faut remonter à un moment ou un autre, donc chaque fois que je reviens chez moi je dois reprendre Crossgate (et comme mes cours sont éparpillés dans la journée je fais de nombreux allers et retours entre mon département et mon appartement). Ne parlons pas d'aller à St Mary : là je dois monter South Street, qui est une véritable épreuve même si elle mène à une rue so british qui côtoie la forêt et de laquelle on peut voir à certains endroits la cathédrale (ce qui fait oublier qu'on souffre).
Les Anglais sont des gens très gentils, dans tous les magasins où je suis allée et dans la rue toutes les personnes côtoyées étaient très polies (un automobiliste vous laissera tranquillement passer au passage piéton, même s'il a priorité). Proximité de l'Ecosse oblige, il y a beaucoup de roux parmi les jeunes dans la rue, ce qui change pas mal de la France où ils sont introuvables.
Une des marques de fabrique des Anglaises, c'est un peu la p*** attitude. Explication : si elles peuvent se contenter d'un vague collant et d'une jupe plus que mini, c'est idéal. Le plus drôle c'est le soir : là c'est talons-aiguille, robes TRES moulantes et TRES TRES TRES courtes. Les garçons en revanche sont assez classiques, voire un peu trop gamins - ou plutôt trop "jeunes premiers". On peut noter également le fait qu'il y a beaucoup plus de teintures de cheveux qu'en France (un nombre de fausses blondes inimaginable !), et notamment de teintures étranges : violet, rose, etc.
Ils sont cependant très sportifs : il y a beaucoup de joggeurs dans les rues le matin ou le soir, et le centre sportif au nord de la ville est très fréquenté par des groupes d'amis, notamment le mercredi matin où beaucoup n'ont pas cours.
La ville est pleine de maisons en briques, comme ma résidence, ce qui donne un côté très chaleureux à Durham. La plupart des habitations se ressemblent (vous savez, ces maisons très anglaises qui ne sont pas très larges, ont une bow-window) mais sont toutes assez jolies. Les seules bâtiments vraiment en pierre sont les bâtiments historiques ou situés dans un coin historique (les colleges, la cathédrale, les bâtiments de la Market Place).
Pour ce qui est du temps, il fait très froid le soir et dans la journée actuellement le manteau et les gants sont de mise. Il pleut assez souvent, mais trop fort en général : à part hier soir, on se contente d'un crachin parfois suffisamment fort pour sortir le parapluie, en tout cas toujours embêtant pour les personnes qui ont des lunettes et voient la pluie tomber avant tous les autres. Mais lorsqu'il fait beau, la ville gagne une lumière que je ne me lasse pas d'admirer, notamment grâce aux briques.
La plupart des étudiants sont bien entendu anglais, mais il y a beaucoup d'élèves étrangers : beaucoup de Français et d'Allemands, d'Italiens aussi je crois. Les plus nombreux sont les élèves asiatiques, facilement repérables : il y en a vraiment partout ! Les plus absents sont les élèves noirs : il n'y en a pas beaucoup. Il y en a une dans mon groupe de travail de French Cinema, Amma, mais on voit notamment très peu de garçons noirs à Durham.
Evidemment les Anglais adorent non pas les Français, mais ce qui se rapporte à la France et à Paris (surtout les étudiants que je côtoie, qui ont concrétisé cette passion en apprennant la langue et la culture française). Ils m'ont expliqué qu'à partir de 14 ans, les langues devenaient optionnelles à l'école ; en tout cas ceux qui étudient le français le parlent vraiment bien, mieux que nous l'anglais je crois. C'est drôle parce que parfois en cours, quand je suis seule et que personne ne me connaît, j'ai l'impression de ne pas exister aux yeux des gens assis à côté de moi. Mais sitôt qu'ils comprennent que je suis Française, il y a des grands sourires, des "comment trouvez-vous Durham ?", etc. C'est donc aussi un truc à retenir pour susciter leur indulgence...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire