dimanche 26 février 2012

Un certain parfum

Nouvel épisode sur mes pérégrinations anglaises dans la ville de Durham. Excusez je vous prie l'espacement entre les articles, mais étant venue pour travailler (vaste blague ?), je n'ai pas l'occasion de découvrir des choses tous les jours, ou même toutes les semaines.
Cependant, quoi de neuf depuis le 6 février ? Pas grand chose : je fais toujours du badminton et du chant, j'ai toujours des cours et du travail chaque semaine, je n'ai pas fait de randonnée depuis la dernière dans les Cheviots Hill, etc. Mes journées ? Boulot, cours, manger, dodo, sortir avec les amis, etc... bref la routine.
Mais j'aborde le sujet qui a justifié l'écriture d'un nouvel article et donné à celui-ci son titre : il flotte dans l'air comme un parfum de printemps.
En effet, l'Angleterre n'a pas subi comme la France une vague de neige et de froid étonnante. Non non : ici, il n'a neigé que le 4 février, évidemment le jour où je n'étais pas à Durham (randonnée), et le lendemain matin quand je suis allée me promener à 11h30 il faisait tellement soleil qu'il n'y avait même plus de neige sur la cathédrale et les arbres de son côté de la rivière. J'enrage, car depuis le début de l'année, tous les élèves nous racontaient moult histoires sur la neige à Durham : verglas, cours annulés, neige sans discontinu pendant deux mois, bref le paradis, et alors que le Sud de l'Europe se caillait, nous nous avons eu droit aux inconvénients du froid, et pas à ses avantages.

C'est donc avec bonheur que je sens arriver le printemps, qui doit mettre fin à cet hiver décevant. En effet, cela fait plusieurs jours que les gants et écharpes font suer, que les manteaux d'hiver commencent à être rangés au placard, et qu'on voit des gens dans la rue sans manteau... bref le printemps arrive ! Il commence à faire beau et assez doux, et si les arbres n'ont pas encore recouvré leur feuillage, la verdure à Durham prend de belles couleurs, quand le soleil accepte de pointer son nez pour illuminer la campagne alentour.

C'est donc forte de ce parfum de printemps que je suis allée me promener ce matin après la messe : un rituel, lorsqu'il ne fait pas trop froid ou que je ne suis pas trop fatiguée) ; en général je reste autour de la Wear, et je regarde les clubs d'aviron s'entraîner, restant sous la voûte des arbres qui donnent au sentier un certain cachet. Dimanche dernier j'avais découvert un pont, Kingsgate Bridge, reliant le DSU (sur New Elvet, la rue de mon département) à une petite rue menant à la cathédrale, que j'ai réemprunté ce matin, pour admirer encore une fois la cathédrale : je ne m'en lasse pas. Son cloître (qui me rapelle Harry Potter !), son architecture extérieure, imposante et pourtant très calme, l'intérieur tout autant, c'est vraiment un enchantement. Ensuite, j'ai farfouillé dans le coin pour retrouver le passage que nous avions emprunté lors de la Matriculation Ceremony, et ai longé la Wear jusqu'à Presends Bridge (que j'appelais Iron Bridge, parce qu'il était en travaux et que les échafaudages étaient en fer... mais en fait il est en pierre ; et maintenant que les travaux sont finis, c'est vraiment crétin de dire Iron Bridge), puis ai rattrapé South Street et Quarryheads Lane que j'ai longée, passant à côté de la Durham School (école en pierre, d'apparence très anglaise : ça donne envie d'envoyer ses enfants étudier là-bas, jusqu'à considérer les frais de scolarité...)


(Durham School : no comment ^ ^)

De là, je comptais prendre le chemin que je prends toujours lorsque je rentre de la bibliothèque ou de mon college, c'est-à-dire continuer sur Margery Lane, jusqu'à me retrouver devant Crossgate et ma résidence (en gros j'aurais été à 11h45 chez moi, en marchant vraiment tranquillement), mais j'ai changé de plan : juste avant d'être sur Margery Lane, je suis allée explorer un sentier qui, selon le panneau à l'entrée, devait me mener au Durham Archery Lawn Tennis Club (sic) ; je l'ai longé, puis me suis retrouvée dans un ensemble de maisons très jolies, puis me suis retrouvée sur une grande route très pratiquée et ai commencé à douter d'être encore à Durham... Heureusement, les Anglais font parfois les choses bien : sur les panneaux indiquant le nom des rues, il y a également le code postal (qui n'est pas comme nous 75 019, 31 005 etc, c'est beaucoup plus précis : le mien par exemple c'est DH1 4DS ; DH comme Durham, et le reste je ne peux faire que des suppositions, comme d'imaginer que le 1 indique le numéro du quartier, ou quelque chose comme cela), donc j'ai pu voir que j'étais bien encore dans DH, et me suis sentie tout à fait apaisée en voyant DH1 4** : je me savais près de chez moi ! Après avoir pris Neville's Cross vers la gauche et être arrivée sur Crossgate Perth, prolongement de ma rue, j'ai encore marché quelque temps, et là, oh miracle ! j'ai vu le sommet de la cathédrale ! J'ai suivi la route jusqu'à me retrouver en face de ma résidence : j'ai donc tourné la clé dans la porte une heure et demie après la fin de la messe (soit trois heures après mon départ !), et croyez-moi, j'étais fourbue...
Mais je parle, je parle, et personne ne comprend ce que je raconte... J'ai donc fait une capture d'écran (waouh !) d'une carte de Durham pour que vous situiez mon parcours de ce matin ; j'ai également reproduit en pointillés le chemin que j'ai pris pour aller à la messe, et en ligne continu le chemin du retour (sensiblement plus long). MP vous indique un élément important de mon univers : c'est la Market Place, mon point de repère ; D c'est mon département, et la petite croix sur Old Elvet c'est mon église (c'est vraiment dur de dessiner avec une souris !)


(je sais que ce n'est pas facile à voir, mais c'est tout ce que j'ai eu comme idée pour vous expliquer. Je pense que je suis allée plus bas que le montre la page, mais bon, n'ayant la certitude de rien, j'ai arrêté ma ligne en bas à gauche)

 
Ps : J'ai entouré "Durham University" où je n'ai jamais mis les pieds, mais c'est parce que la cathédrale n'apparaissait pas, et qu'elle est juste à côté de l'Université.
Cette promenade était quand même assez longue, j'ai peut-être fait deux-trois kilomètres... difficile d'évaluer la distance. Sachez néammoins que le parcous en pointillés s'effectue en quinze-vingt minutes.
Bref, tout ça pour dire que Durham est vraiment une très belle ville, et que la campagne avoisinante a l'air également très jolie ; le tout sur un air printanier, c'est très revigorant.

Pour parler de choses plus pratiques, je reviens en France du 14 mars au 21 avril : je prends l'avion le 14 au soir, dort chez mes grands-parents à Paris, prends le train TRES TOT le lendemain, arrive en début d'après-midi à Toulouse, puis repars le 17 avril au matin ; j'arrive en train à Paris le soir et dort chez Géraldine jusqu'au 21 au soir, où je prendrais l'avion pour Newcastle.

D'ici là, je ne chôme pas : j'ai à rendre pour le 16 mars (eh oui, après mon départ : il faudra donc que je les finisse avant le 14 au matin) deux commentaires et deux essays (deux autres essays doivent être rendus à la rentrée) ; j'ai déjà fini un commentaire et ai bien commencé un essay, mais pas le temps de se reposer ! Il faut lire des articles, aller à la bibliothèque emprunter des livres ou y rester pour bûcher dessus, faire des plans, écrire le tout en anglais... C'est pas du gâteau, croyez-moi !

A la rentrée, les quelques cours que j'aurai viseront à nous préparer aux examens, dont j'ai reçu les dates cette semaine : ils s'étalent sur la deuxième moitié de mai, et je n'en ai pas plus de trois par semaine (sachant que j'ai cinq examens à passer) : à coup de deux heures par examen, on est loin du concours de l'ENS !

Pour ce qui est de mes progrès en anglais, ils sont certains, fulgurants et je ne suis pas la seule à les avoir remarqué (Dieu merci) : je peux tenir une conversation avec une personne sans problème, et on me fait souvent des compliments sur mon anglais ("your english is amazing") ; relativisons, je suis simplement plus "fluent" qu'au début de l'année, et mon vocabulaire s'est beaucoup enrichi. Je le remarque notamment parce qu'entendre de l'anglais (conversation, télé, chanson) tout en lisant ou écrivant en français ne me gênait pas avant ; mais maintenant cela commence à être énervant, je ne peux pas lire un texte en français si j'entends de l'anglais à proximité ; je commence également à comprendre les conversations des groupes près de moi, ou de gens qui passent dans la rue, etc... Bref, je progresse. Mon problème maintenant est d'acquérir encore plus de vocabulaire et de penser à cette fichue préposition "to" lorsque je parle d'un endroit où aller (ex : Je veux aller en Irlande, I want to go to Ireland et pas "at"). Malheureusement, là où je crois que je ne progresserai jamais (sauf si je restais en Angleterre pour un temps vraiment très long, j'imagine), c'est que si je pense en anglais depuis longtemps, je sens que je pense avec une logique française, donc je ne comprends pas parfois pour les Anglais disent plutôt cela que cela, alors que c'est le contraire chez nous.

Après ces considérations pseudo-linguistiques, je retourne à ma routine, en l'occurence à mon essay sur Aucassin et Nicolette... à une prochaine fois.

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