samedi 9 juin 2012

Examens

Voilà, je poste un nouveau message, quelques jours avant mon retour définitif en France.

J'ai eu mes examens mi et fin mai, je suis donc tranquillement installée à mon bureau et en pleines vacances. Tous ont duré deux heures, et consistaient pour la plupart en deux essays, sauf un où il fallait rédiger un commentaire de texte médiéval (j'ai choisi Huon de Bordeaux, la grande découverte de cette année ! J'espère qu'il me portera chance) puis un essay sur une question plus générale.
Vous l'avez compris, pour rendre les summatives la simplicité n'était pas de mise. Eh bien, c'était la même chose pour les examens. au premier, je me suis retrouvée bien bête parce que nous n'avions pas de feuilles de brouillon comme en France (en plus, en France je les récupère pour faire des dessins ensuite), donc j'ai du faire mon plan sur la feuille de sujets. Mais enfin, on entre, on s'assoit à n'importe quelle table, sur laquelle sont posées deux cahiers, une feuille de sujet retournée et un bitogno qui sert à accrocher les deux cahiers ensemble au moment de les rendre. On m'a expliqué (après le premier exam, bien sûr) que l'un d'eux pouvait faire office de brouillon, mais qu'il fallait que je le rende avec le cahier propre. Tout est relevé : cahiers, sujets, etc. Quelques minutes avant le début de l'examen, un des suveillants nous lit le règlement (on croirait qu'on nous lit nos droits, comme avant d'être arrêté dans les séries policières américaines : "Vous avez le droit de garder le silence. Toute parole pourra être retenue contre contre vous..."), puis s'ensuit le pire moment, celui où on attend que la grande aiguille daigne se poser sur le 6, et pendant lequel personne ne parle... Quand je pense que l'an dernier au concours on faisait même des commentaires en lisant le sujet...
Enfin, l'avantage par rapport au concours de l'ENS, c'est que deux heures, ça passe très vite. On n'a pas six heures pour se dire "Mon Dieu, j'écris vraiment n'importe quoi, je suis désespéré, je ne vaux rien, je vais me suicider après avoir rendu ce torchon, non, mieux, je ne la rendrai pas et me suiciderai." Heureusement, ces réflexions ne m'ont pas plus effleurée l'an dernier que cette année, mais j'avoue avoir eu des passages difficiles en prépa, pendant toutes ces heures. Alors que là, en deux heures, on a juste le temps de jeter un coup d'oeil à sa montre et d'écrire le plus vite possible. Le résultat est bien moins probant qu'en cinq ou six heures, mais au moins, c'est fini. J'espère que je ne m'en suis pas trop mal sortie, je ne cherche qu'à avoir mon année (bon, si j'avais quelques bonnes notes, ce serait pas mal non plus), donc je pense que j'étais moiins stressée que les Anglais pour qui la note a une importance capitale (pas comme nous, en France, pour qui le diplôme compte plus).

J'en suis cependant sortie sans égratignures, prête à sauter tête la première dans des vacances qui s'annonçaient délicieuses, puisque pendant la semaine des examens, il a fait un temps magnifique (il faisait très moche depuis mon retour, mais soudainement, nous étions en mai-juin !) Cependant, depuis la fin de mes examens, le mauvais temps est revenu, et comme je vous parle il tombe des trombes d'eau régulièrement, il fait froid... Horrible. J'ose juste espérer que c'est un temps normal, et pas que c'est une année particulièrement moche, parce qu'auquel cas, je n'aurai vraiment pas eu de chance : mauvais temps, pas de neige...

Depuis mon retour en avril, je dois avouer que je ne faisais pas grand chose (à part travailler, eh oh), et je sortais très peu, surtout pendant les révisions, parce que tout le monde faisait des nuits blanches pour rattraper le temps perdu et personne ne voulait sortir. Heureusement, quelques exceptions : nous avons improvisé un repas partagé entre colocs pour fêter le départ d'Emilia (elle est partie le 30 mai), devant l'Eurovision, puis trois jours plus tard en commandant des pizzas pour re-fêter le départ d'Emilia (héhé, ce n'est jamais fini !) Entre temps, j'ai parfois vu Tom et Caroline, Sarah (alors qu'il faisait beau, en sortant d'un exam commun nous sommes allées manger ensemble puis prendre une glace dégustée au bord du fleuve... si c'était pas la belle vie...), etc.

Le week-end dernier, c'était le Jubilé de Diamant de la Reine, aussi Durham était plein de drapeaux anglais, le Tesco de produits en promotion avec l'Union Jack dessus (j'ai craqué... j'ai acheté un coussin), etc... Entre le mariage l'an dernier, le Jubilé cette année, et les JO cet été, le Royaume-Uni est vraiment à l'honneur actuellement ! D'ailleurs la flamme olypique devrait passer à Durham la veille de mon départ, il ne faut pas que je manque cela !

Enfin, hier matin en me réveillant (à midi), Edna est venue me voir en me proposant une place de dernière minute pour un formal dinner à son college, Hatfield ( un des colleges les plus chics/posh de Durham University, connu pour ses formal !) J'y suis donc allée avec elle hier, voici donc les photos !



(Marie à Hatfield en gown et robe de soirée ! Ok, ça ne se voit pas, mais je vous l'assure)



(La salle à manger, petite mais jolie. Notez les chandeliers ! La table en angle et dos à la fenêtre est celle des professeurs et responsables du college, à l'entrée de qui nous nous sommes levés. ensuite, il y a eu une prière en latin récitée par un type avec un drôle d'accent, dont je n'ai compris que les mots finaux, "saecula saculorum", puis on s'est rassis)



(L'autre moitié de la salle à manger était vide, c'était donc un formal intime. Edna avait l'air de penser que cela était dû au fait que les examens étant finis, beaucoup d'élèves sont déjà repartis)


La nourriture était meilleure qu'au formal de St Mary, mais ce n'est pas encore la Tour d'argent... On a encore eu droit au combo patates-carottes, mais ne chipotons pas trop, la soupe au coriandre et aux carottes était bonne, la viande pas mauvaise ("Braised steak", indiquait le menu), le dessert sympa (charlotte mangue/framboise), et un plateau de fromages inattendu a fait son apparition en fin de repas !

A notre table (le placement était libre), une Brésilienne est venue quand elle a découvert qu'Edna était Portuguaise, puis quatre garçons majoritairement en master qui la connaissaient également sont arrivés. Il y avait là un Allemand, un Suisse (avec qui j'ai parlé tout le temps anglais, histoire de ne pas exclure les autres), un Anglais d'origine Pakistanaise, et un Turc en Erasmus comme moi (Semi, je crois). L'ambiance était chaleureuse, nous sommes ensuite allés au bar de college, puis au Fabios, un bar/boîte de nuit qui a l'avantage d'être gratuit, aussi c'est le point de ralliement avec le Klute des étudiants. A l'instigation du Suisse, nous avons bu cul sec un petit verre de liqueur de prune, c'était vraiment très fort ! Nous sommes parties Edna et moi à deux heures, parce que je n'avais plus de pieds... Le retour à pied a été dur !



(Edna et moi au Fabios)


Je repars en France le 18 juin, afin d'assister au mariage d'un de mes cousins, d'être là pour la fête de la musique, etc. Je ne reviendrai à Durham qu'en Juillet, avec Papa, Maman, Jacques et Lise pour visiter l'Ecosse pendant une semaine, puis les alentours de Durham, et enfin vider ma chambre et rendre les clés. Cela fait drôle de se dire que c'est déjà fini, mais pour l'instant je ne suis pas encore triste, je me dis que cette expérience-là je l'ai faite, et que d'autres viendront. Evidemment, j'aimerais rester toute ma vie dans ce pays pluvieux mais accueillant, mais pour l'instant, ma place est encore en France. Qui sait, un jour ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire